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Crise énergétique en France


par Paul Mouginot
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Le 15 novembre 2001, le baril de pétrole brut était coté à 13,52 euros. Le 3 juillet 2008, cette même cote atteignait un maximum historique, culminant à 112,56 euros. Outre ses autres utilisations industrielles, le pétrole reste le combustible quasi-unique de nos moyens de transport… Pour combien de temps encore ?

Le prix du pétrole subit des fluctuations de plus en plus importantes, du fait notamment des besoins énergétiques mondiaux, toujours plus importants, et des conflits parfois violents au sein même des pays producteurs.

L’usage de l’électricité fut très tôt envisagé pour les véhicules. En particulier, Edison (photo ci-dessous) imagina un véhicule fonctionnant sur batteries, en collaboration avec Ford. Néanmoins, il n’eut pas le loisir de poursuivre ses recherches et rapidement, la propulsion par carburant prit le dessus.

Depuis plusieurs années déjà, la production de quelques grands gisements pétroliers commence à décliner, après avoir dépassé leur production maximale, ou « Peak Oil ». Ceci préfigure une situation où nous verrons les volumes d’extraction de pétrole diminuer et son prix augmenter . Dans le contexte financier et environnemental actuel, l’électricité devient donc une source d’énergie de plus en plus intéressante et rentable.

Graphe de l’Agence Internationale de l’Energie montrant le « Peak Oil » (qui devrait être atteint mondialement en 2012), la courbe de prévision de la consommation de produits pétroliers (en bleu) en lien avec les différents projets d’extraction de pétrole, dont le débit devrait diminuer avec les années.

En 2008, la production d’énergie électrique en France s’élevait à 549 Térawatt heures. Les trois quarts (76,2 %) de cette électricité étaient produits par la filière nucléaire, le reste se partageant entre l’hydraulique, le thermique classique et les énergies renouvelables. Plus généralement, on peut s’intéresser à la production d’énergie primaire, et à ses sources. Dans le monde, et selon l’Agence Internationale de l’Energie, l’énergie produite se répartit comme suit :

On retrouve une répartition assez différente pour la France :

Les 92% d’énergie produite attribués à l’énergie nucléaire viennent du fait qu’on s’intéresse ici à l’énergie primaire produite en France, qu’elle soit électrique ou d’une autre nature. La part d’énergie électrique d’origine nucléaire en France est proche de 75%.

A l’échelle mondiale, et après soustraction des pertes, l’énergie produite est consommée dans les proportions suivantes :

Plus spécifiquement, pour la France, une fois les pertes retranchées, l’énergie importée et exportée prise en compte, l’énergie consommée se répartit de la manière suivante :

Cette fois-ci, les répartitions sont très similaires en proportion.

En outre, on constate que la production d’énergie primaire en France (124 MTep) est inférieure à l’énergie consommée (152 Tep). La France doit donc importer une partie de l’énergie qu’elle consomme, ce qui est aussi le cas d’un certain nombre de pays européens, et est donc soumise aux effets de toute crise énergétique.

Dans les prochaines décennies, il apparaît en tout cas que les centrales nucléaires seront celles qui fourniront la majeure partie de l’électricité de nos voitures électriques. À l’instar du pétrole, l’uranium utilisé dans ces centrales n’est pas présent de manière illimité sur notre planète.

Cependant, d’après la Société Française d’Énergie Nucléaire (SFEN), les ressources d’uranium sont régulièrement estimées par l’OCDE et l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique (AIEA) : actuellement, elles correspondent à 60 ans de fonctionnement dans les conditions actuelles. Répartition mondiale d’uranium en 2007, d’après des données de l’OCDE et de l’AIEA, publiées par le site suisse EnergieNucleaire.ch

Pendant longtemps, la France fut le premier producteur mondial d’uranium. Aujourd’hui, ses gisements sont en voie d’épuisement et elle importe donc la plus grande partie de l’uranium qu’elle consomme. Mais beaucoup de gisements restent encore à découvrir, et l’amélioration attendue des performances des centrales nucléaires, notamment via l’utilisation de réacteurs à neutrons rapides, augmenteront nettement la durée de vie de ces ressources. Enfin, l’uranium ne représente que 5% du coût de l’électricité nucléaire. Il est donc acceptable que le coût de l’uranium augmente si son extraction devient plus malaisée, comme c’est actuellement le cas pour le pétrole.

Les énergies renouvelables ont et auront un grand rôle à jouer dans ce contexte de crise énergétique. En particulier, du point de vue économique, les barrages permettent de produire de l’énergie très rapidement lorsque la consommation augmente brusquement, notamment lors des froides soirées d’hiver : une centrale thermique ou nucléaire de secours est beaucoup plus longue à démarrer.





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