Le secteur automobile européen est, comme nous le savons déjà, sévèrement touché par la crise économique mondiale.
Le marché européen oscille entre douze et treize millions de véhicules par an ce qui entraîne une activité des constructeurs généralistes variant entre 40% et 60% de leur capacité, ce qui économiquement, est fort peu viable comme le confirme Philippe Coulomb, Président d’Agir pour l’Environnement : « la saturation du marché et des voies de circulation, les contraintes liées à l’entretien, les crises et les catastrophes pétrolières, les inquiétudes sur les effets du dérèglement climatiques et les alertes sanitaires liées à l’impact du diesel, remettent en cause le modèle du tout-voiture héritée du siècle passé. »
Friande en hydrocarbures, gardons également à l’esprit que pour fabriquer une voiture thermique il faut en moyenne 20 fois plus de matière que son poids final, soit environ trente tonnes de matériaux pour une voiture d’une tonne et demie.
Ce contexte anxiogène pour les constructeurs historiques profite cependant à la mobilité durable qui a vu ses véhicules électriques et hybrides décoller en 2012 avec près de 120% de hausse des véhicules électriques et des ventes multipliées par 1,8 en Europe. La France représente à elle seule 35% des ventes de voitures particulières électriques en Europe en 2012, devant la Norvège et l’Allemagne.
Si notre pays développe aussi bien son propre marché électrique, c’est notamment grâce aux aides gouvernementales mises en place afin de sensibiliser et de mobiliser les français. Cela est démontré très clairement par les ventes des véhicules utilitaires qui augmentent mois après mois.
Le prix de revient kilométrique entre l’électrique et le thermique semble s’équilibrer et les VE deviennent de plus en plus compétitifs : en effet, le prix de revient kilométrique est de 0,321 euros pour une Kangoo ZE tandis que son équivalent thermique consomme 0,342 euros.

On comprend ainsi le choix des constructeurs qui visent à se positionner rapidement et durablement sur ces nouveaux marchés qui leur permettent de se diversifier et de créer une nouvelle synergie propre à les sortir du marasme économique. Si les volumes restent faibles, les chiffres parlent d’eux-même et témoignent du fait que les véhicules électriques répondent aujourd’hui à une véritable demande économique et environnementale. L’inertie liée aux infrastructures lourdes des industriels semble aujourd’hui être sur le point d’être rompue, et les véhicules zéro émission pourraient bien apporter l’air qui manquait aux constructeurs pour envisager plus sereinement l’avenir.
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Illustration : ©Avere-France





