« Les Elles de l’Auto » organisait le 1er juillet un déjeuner-débat sur le thème « Les véhicules électriques et le rôle des femmes dans le développement de la mobilité durable ». C’est tout naturellement Charlotte de Silguy qui intervenait sur le sujet, en tant que secrétaire générale de l’Avere-France, association professionnelle pour le développement de la mobilité électrique. Elle a expliqué comment le véhicule électrique et les nouveaux modes de consommation de l’automobile (la multimodalité et l’auto en libre-service, par exemple) allaient transformer radicalement le rapport à la mobilité.
Le véhicule électrique répond à une approche plus féminine
Faite par des hommes pour des hommes, l’automobile en a pris toutes les caractéristiques et s’est longtemps définie, en termes de puissance, de vitesse, de technicité et de statut social. L’influence de la femme, cliente et prescriptrice au sein du couple, se fait heureusement sentir depuis une vingtaine d’années. Symboles de la prise en compte des préoccupations féminines, le double rétroviseur pour surveiller ses enfants à l’arrière, ou des modèles conçus pour une clientèle féminine chez certains constructeurs. Mais la féminisation de l’automobile ne peut toutefois pas se satisfaire de quelques gadgets. « Les femmes en général et l’association des Elles de l’Auto en particulier doivent proposer une nouvelle vision de la mobilité, pragmatique, écologique, sereine et conviviale », estime l’intervenante. « Les femmes ont un rôle à jouer pour une mobilité plus rationnelle, que ce soit dans la conception des véhicules, le genre de véhicule utilisé, le type de mobilité choisi et la façon de conduire », estime-t-elle. Le véhicule électrique est une des réponses à ce souhait. La plupart de ses caractéristiques correspondent à des valeurs féminines. Souvent en charge du transport des enfants à l’école, les femmes sont plus sensibilisées que les hommes à la pollution en ville. « La propreté du véhicule électrique est aussi très appréciable pour celles qui n’aiment pas se mettre les mains dans le cambouis. Avec sa simplicité d’usage et sa souplesse, sans boîte de vitesse, par son silence et son apaisement, un véhicule électrique procure un vrai plaisir de conduite », souligne l’intervenante. Ce n’est pas un hasard si cette adepte du taoïsme est tombée amoureuse du véhicule électrique, chantre de la zen-attitude.
Une approche de la mobilité plus pragmatique
Avec le véhicule électrique et les nouvelles offres de mobilité, la relation virile avec « sa » voiture évolue vers une relation plus holistique, basée notamment sur le pragmatisme dans son usage, qui ne passe pas nécessairement par la possession. « Immobilisé 95 % du temps, cher à entretenir et à assurer, mangeur d’espace, adapté aux grands trajets mais pas à un usage quotidien en ville, le véhicule familial unique est un non-sens. Pourquoi ne pas le louer occasionnellement et utiliser régulièrement un petit véhicule, ce qui est écologiquement et économiquement plus rationnel ? Et, pour ceux qui n’ont pas la contrainte d’un usage quotidien d’un véhicule, pourquoi ne pas recourir à l’auto en libre service », s’interroge Charlotte de Silguy. « Les femmes apprécient néanmoins de pouvoir laisser dans leur véhicule des objets quotidiens (maquillage, fauteuils bébé, panier de course…). Pour prendre en compte de tels freins et permettre aux femmes de jouer leur rôle de catalyseur, il est important qu’elles soient parties prenantes des débats sur les nouvelles mobilités, avec, entre autres, la conception des véhicules électriques destinés à un usage partagé », propose-t-elle. « Mais ne nous méprenons pas ! Si les véhicules électriques correspondent à une approche plus féminine de la mobilité, ce ne sont pas des véhicules réservés aux femmes ! D’ailleurs, si beaucoup d’hommes ont un a priori négatif avant d’en essayer un, quand ils en font l’expérience, ils sont totalement séduits ! ».
Charlotte de Silguy, 42 ans, est diplômée de l’Institut National des Langues et Civilisation Orientales, spécialisée dans la géopolitique en Extrême-Orient. Parlant chinois et passionnée par la culture asiatique, elle se destinait à une carrière de diplomate. Les circonstances feront qu’elle devra arrêter arrêter ses études et choisir une autre voie. Après différentes expériences dans des sociétés chinoises, elle entrera chez EDF au bureau de représentation en Chine. Elle s’y consacrera 3 ans avant de se voir confier la formation des futurs expatriés du groupe. En 2002, elle obtient sa nomination au sein de la direction du développement durable, créée par EDF deux ans plus tôt. Elle y restera 6 ans, avant d’être détachée à l’Avere, l’association pour la promotion du transport et de la mobilité électriques. En avril 2009, elle est nommée secrétaire générale de l’association.
Xavier Champagne, journaliste Autoactu.com, pour l’association Les Elles de l’Auto





