L’électromobilité va se développer en parallèle du réseau électrique du futur, dit Smart Grid, qui sera capable :
- de réguler les charges des VE, en lissant les pointes de consommation pour éviter des appeles de puissance risquant de perturber le réseau et de faire appel à des énergies chères et carbonées.
- d’utiliser l’effet « tampon » généré par les batteries de ces derniers pour avoir la possibilité de redistribuer l’énergie emmagasinée au domicile (« vehicle to home ») ou sur le réseau (« vehicle to grid »).
- d’inciter les usagers à adapter leur consommation énergétique pour diminuer leur facture.
Le Smart Grid semble ainsi être un atout utile au développement de la mobilité électrique. Cette dernière stimule également, logiquement son déploiement.
IBM et EDF sont engagés dans des projets technologiques concrets de développement du Smart Grid à petite échelle.
- EDF propose un système de « management énergétique » appliqué au résidentiel, qui consiste à informer les utilisateurs de leur consommation personnelle et globale pour les amener à s’adapter à la consommation globale en régulant leur consommation d’eux-mêmes. D’un point de vue technique, pour gérer cette régulation, il faudra nécessairement automatiser le réseau et informatiser les appareils électriques résidentiels de manière plus poussée. L’instauration d’un prix variable de type Heures Pleines/Heures Creuses plus sophistiqué est envisagée pour amplifier ce phénomène de régulation à la manière du projet IBM. Pour EDF, les batteries des véhicules électriques serviraient, en association avec des batteries résidentielles, à réduire la facture énergétique des usagers qui le souhaitent lors des pics de consommation globale (en puisant dans cette source d’énergie emmagasinée ultérieurement).
- IBM fait partie du consortium Edison, un groupe de recherche ayant pour objectif de développer une infrastructure « intelligente », nécessaire à l’adoption à grande échelle de véhicules électriques fonctionnant grâce à des énergies renouvelables. IBM et ses partenaires expérimentent un modèle d’application d’un tarif « dynamique » de l’énergie aux utilisateurs du réseau. Les prix seraient actualisés toutes les 15 minutes environ, proportionnellement à la consommation énergétique globale. Cela entrainerait des hausses de 1 à 10 fois le tarif bas. Dans le cadre de ce projet, ils développent des technologies permettant de synchroniser ces tarifs et le déchargement des VE avec la disponibilité de l’énergie issue de la production éolienne dans le réseau électrique.
Notons que ces variantes de réseaux intelligents confèrent unanimement un avantage indéniable aux nations lors de catastrophes naturelles de type Fukushima, où une partie des ressources énergétiques serraient réparties sur tout le pays grâce au stockage des véhicules électriques.
La technologie avance à grand pas. Tout est prêt pour le développement du Smart Grid qui bute néanmoins pour l’instant sur deux aspects fondamentaux : la standardisation et la tarification. Quelques interrogations demeurent comme l’on a pu en juger par quelques questions des participants lors de cette rencontre :
- La question du modèle économique où les investisseurs du Smart Grid ne sont pas nécessairement ceux qui en bénéficient d’autant que les perspectives estiment à 1% la consommation d’électricité pour les VE ;
- Mettre en place un système de variation du prix de l’énergie pourrait, dans certaines limites, défavoriser les utilisateurs du réseau. Ne serait-il pas plus judicieux de fixer des plages de variation de façon à trouver un équilibre entre stabilité du réseau et confort des utilisateurs ?
Petit-déjeuner organis avec :
- Richard Schomberg, Responsable Smart Energy et Standardisation - Groupe EDF
- Christian Mottet, Directeur Technique Solutions Smargrids - IBM - Energy & Utilities.
Vendredi 15 juin 2012 8h30 - 10h30 chez IBM -
Amphi Blaise Pascal
17 Avenue de l’Europe
92275 Bois Colombe s
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Illustrations : © Avere-France





