Le nouveau rapport de Check and Balances Project, Fossil Fuel Front Groups on the Front Page, en dit long sur la question. Il met an lumière les liens (majoritairement financiers) qui existent aux Etats-Unis entre les think-tanks pro-énergies fossiles, les industriels influents dans ce secteur et les médias nationaux. Quel impact ? Une maîtrise des informations qui leur permet d’inonder la presse, la télévision et la radio d’informations erronées et de déclarations allant à l’encontre du développement des énergies vertes.
D’après ce rapport accablant, le montant des transactions en faveur des organisations pro-énergies fossiles s’élèverait à pas moins de 16,3 millions de dollars entre 2006 et 2011. Ces dernières sont d’ailleurs au sommet du top 10 des organisations les plus citées dans les médias. Coïncidence ?
Le détail de ces transactions sont précisées dans les deux tableaux ci-après :


D’après le Heartland Institute, ces contributions financières ont « vocation à durer et particulièrement les financements en provenance des entreprises qui ont des intérêts dans l’exploitation des énergies fossiles et qui sont menacées par la diffusion d’informations concernant le changement climatique ».
En ce qui concerne la couverture médiatique, les chiffres sont révélateurs. Entre 2007 et 2011, les organisations financées par ces transactions sont mentionnées environ 1010 fois dans des rubriques abordant la problématique de l’énergie dans les 58 journaux les plus lus des Etats-Unis. Cela représente une moyenne de 4 parutions par semaine. Si ces chiffres ne semblent pas démesurés de prime abord, ils sont à mettre en parallèle avec les 236 publications concernant l’avancée des travaux du laboratoire national des énergies renouvelables sur la même période. Cette organisation est effectivement financée par des fonds publics et non par des industriels influents. Par ailleurs, dans un contexte actuel où la problématique de la transition énergétique est à son apogée, ces chiffres semblent peu appropriés…
Plus généralement, ces organisations bénéficient d’une couverture médiatique privilégiée (31% de la couverture globale) dans des journaux tels que the Associated Press, Politico, New York Times, Washington Post, USA Today, et Christian Science Monitor. [1]
Ces publications blâment les énergies propres et les aides en faveur de l’environnement alors qu’elles encensent les énergies fossiles : en moyenne, 43% attaquent les lois environnementales, 18% critiquent les technologies d’énergie propre et 17% vantent les énergies fossiles… Le graphique ci-dessous classant les apparitions médiatiques par sujet abordé en atteste :

Au delà du contenu, c’est l’absence de transparence qui peut paraître incorrecte. En effet, 53% des médias se contentent de mentionner le nom des organisations sans préciser leurs intérêts financiers. La réalité financière des financements industriels en amont qui justifie - ou du moins explique - les raisons d’une telle omniprésence médiatique n’est évoquée que dans 6% des cas. Le tableau ci-dessous précise pour chaque entreprise le rapport entre les publications où l’accord financier est mentionné et le reste :

L’industrie fossile tient donc les rênes médiatiques et en profite pour dénigrer les énergies propres au profit de leurs intérêts. La transparence médiatique par rapport aux transactions financières en faveur des organisations pro-énergies fossiles serait sans doute une solution. Encore faut-il que les instituions interrogées acceptent de répondre. Reste néanmoins une question en suspens : quels seraient les résultats d’une telle enquête en France et en Europe.. ?
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Illustration : © Check & Balances Project





