Il est important de comprendre que le déploiement massif des VE peut être opéré sans la nécessité de renfoncements majeurs, coûteux et complexes, du réseau existant. Pour ce faire, le projet MERGE préconise d’utiliser une solution intelligente de gestion et de contrôle du courant. Pour arriver à son instauration, il faudra mettre en place les incitations nécessaires et développer les moyens adéquats pour encourager les possesseurs de VE à ne pas recharger pendant les heures de pointe.
Pour permettre le contrôle des VE et fournir la flexibilité nécessaire au réseau électrique, le système MERGE nécessite qu’une approche en deux couches soit mise en place :
- Un contrôleur domestique placé au lieu de charge ou embarqué dans le véhicule, capable de répondre à des changements de voltages ou de fréquences.
- Une structure de gestion en amont capable de gérer la charge des batteries de VE. Cet agencement implique la participation de nouveaux acteurs : les fournisseurs et agrégateurs de VE. Gérant des parcs de VE nationaux ou régionaux, ils serviront d’interface entre les fournisseurs d’énergie et la recharge des VE. Cette approche nécessitera une communication bidirectionnelle des informations concernant la consommation électrique.

Le développement de cette approche implique des adaptations et mises à jours des systèmes de gestion de charge existants et la compréhension que les fournisseurs et distributeurs d’énergie (DSO [1] et TSO [2]) joueront un rôle clé dans la validation des profils de charge des consommateurs ou agrégateurs.
L’adoption du projet MERGE, où la flexibilité de la charge des batteries des VE sera exploitée pleinement, permettra également d’utiliser ces batteries comme réserves d’énergie pour les énergies renouvelables ou l’énergie non consommée , autrement gaspillée. Ce concept de véhicule servant à soulager le réseau, le rendre plus efficace, est le « Vehicle to Grid », ou V2G. Même si ces considérations sont à prendre sur le long terme pour le moment, le développement incrémental des VE fera suivre les infrastructures sur une période de temps synchronisée.
Ainsi la stratégie suivie minimisera les investissements frontaux (payables d’un bloc), réduisant également le coût de développement des infrastructures pour les VE et surtout aidera à combattre l’obsolescence technologique des réseaux et des infrastructures existantes.
Quatre solutions à court terme :
- L’intégration de puissances supérieures dans le réseau doit se faire pendant les entretiens ou rénovations déjà planifiées sur le réseau. Ainsi, en profitant de l’agenda déjà mis en place, les coûts marginaux seront très faibles. Les coûts marginaux de rénovation d’installations existantes sont déjà faibles, pouvant aller jusqu’à moins de 10% du coût initial de l’infrastructure.
- Le développement de méthodologies d’opérations plus sophistiquées pour les réseaux existants. Ceci assure, à un coût quasi-nul, que la capacité existante est déjà utilisée de manière optimale avant d’employer du capital (CAPEX, ou CAPital EXpenditure).
- Le développement de points de charge standards, peu coûteux, et posant la première pierre à l’édifice. Le développement de ces points permet de lutter contre l’obsolescence technologique, fournit une base améliorable dans le futur à de bas coûts, et favorise la compétition entre des points de recharge interchangeables.
- L’installation, sur les points de charge existants, de contrôleurs de temps qui permettent de ne recharger qu’en période creuse et surtout d’éviter les heures de pointe. Ces « timers » concernent les recharges hors lieux publics et sont insensibles à un éventuel recalibrage de l’utilisateur. Cette technologie est déjà appliquée à tous les chargeurs de VE domestiques en Irlande.
Chemin de Fer réglementaire et technique :
Pour arriver à atteindre ses objectifs, le projet est séparé en trois phases se calquant sur le développement du marché des VE : la première phase d’adaptation, puis celle de consolidation et enfin celle concernant un stade avancé.

A chaque phase, le projet donne un certain nombre de conseils et de recommandations sur les actions à entreprendre d’un point de vue réglementaire et en termes de politiques publiques.
Parmi beaucoup d’autres, on peut citer le fait de mettre en place des tarifs incitatifs pour la recharge en heures creuses, les incitations à l’achat de VE, développer des projets pilotes, mettre en place des procédés standardisés, établir des règles pour les échanges entres utilisateurs et fournisseurs d’énergie, ne pas mettre en place de taxe spécifique au VE, ne plus discriminer l’utilisation du VE, et bien d’autres.
Enfin, le projet donne beaucoup d’outils pour aider à la réalisation de l’objectif. Une dizaine de recommandations techniques (TCR1 [3], TCR2…), une dizaine de recommandations sur les marché et les réglementation (MRR1 [4], MRR2…) et également une dizaine de recommandations de recherche et développement (RDR1 [5], RDR2…)
Le projet MERGE implique des participants de beaucoup de pays d’Europe incluant le Royaume-Uni. Il est donc issu d’une coopération internationale en faveur du véhicule électrique et de la protection de l’environnement. Pour consulter le dossier complet de 15 pages, il vous suffit de le télécharger en bas d’article.
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Illustration : © MERGE / AVERE





