Des travaux prévus pour le mois de juillet
Cette semaine, [1] la Ville de Paris et le syndicat mixte Autolib’ ont adopté une délibération fixant le nombre d’emplacements en surface dédiés aux futures stations Autolib’. Ce sont ainsi 700 stations qui devront voir le jour à Paris, dont 200 dans des parkings souterrains et 500 en surface. Les stations situées en surface pourront accueillir 4 véhicules, les parcs de stationnement une dizaine, soit 4000 véhicules pour un public desservi estimé à 4 millions d’habitants. Les possesseurs de véhicules électriques pourront également profiter de ces stations, puisqu’il est prévu que 250 des 500 stations en surface comportent une borne dédiée à la recharge des véhicules électriques des particuliers (voitures ou deux-roues). Dans Paris, les travaux d’installation des stations débuteront au cours du mois de juillet. Les 1120 stations prévues dans Paris intramuros et sa périphérie devront être opérationnelles le 31 mai 2012. Les premières stations installées permettront d’ouvrir le service dès le 1er décembre 2011. Bolloré est chargé de l’installation de ces bornes, ainsi que de la mise en place, de la gestion et de l’entretien du service Autolib’. Toutefois, le syndicat mixte Autolib’ soutiendra financièrement ces investissements à travers une subvention de la Ville de Paris.

La ville de Paris subventionne l’installation des stations
La délibération adoptée par Ville de Paris et le syndicat mixte Autolib’ le 21 juin 2011 fixe également une contribution financière de la ville pour l’installation des stations. La ville de Paris versera en effet une subvention plafonnée à 50 000 euros par station en surface, ce qui représente au total 25 millions d’euros. En contrepartie, l’exploitant Bolloré, reversera une redevance annuelle de 750 euros par place au syndicat mixte Autolib’. Chaque commune adhérente à ce service s’est engagée à verser ces subventions de 50 000 euros par station, dont seule une partie leur sera remboursée sous forme d’indemnisation. Un investissement lourd qui a freiné la participation à ce projet de neuf villes limitrophes de Paris, dont Vincennes, d’autant plus que la question de la rentabilité d’Autolib’ suscite des inquiétudes.
Dans le cadre de l’accord signé entre la Ville de Paris et le syndicat mixte, Paris devrait recevoir 16,8 millions d’euros en contrepartie de cette mise à disposition des terrains, sur la durée du contrat de 12 ans. Toutefois, cette compensation ne semble pas être suffisante pour faire d’Autolib’ un service rentable.

La rentabilité du projet en question
Le syndicat mixte Autolib’ a retenu le scénario le plus optimiste de l’étude du Centre d’Analyse Stratégique, à savoir que l’opération devrait enregistrer 200 000 abonnements avec des véhicules en utilisation payante au moins sept heures par jour toute l’année, assurant ainsi la rentabilité économique du service avec un bilan annuel s’élevant à 32,7 millions d’euros. Or, un rapport du CAS montre qu’à La Rochelle, où l’on trouve déjà des véhicules électriques en location, le temps d’utilisation quotidien est d’une heure. Dans cette hypothèse, le bilan d’Autolib’ serait largement négatif. Ainsi, les plus pessimistes prévoient un bilan annuel déficitaire de - 61,1 millions d’euros. Toutefois, Dominique Auverlot, coordinateur du rapport du CAS, précise « qu’il s’agit là du scénario le plus pessimiste et que quatre heures d’utilisation quotidienne paraissent plus probables. Dans ce cas, le bilan serait à l’équilibre, à - 0,2 million d’euros par an. Mais cela dépendra du temps de charge des batteries, de la facilité avec laquelle on trouvera un véhicule, etc… ».
Il est prévu que l’exploitant Bolloré assume les pertes jusqu’à 60 millions d’euros. Toutefois, il ne faut pas voir dans Autolib’ les seuls bénéfices financiers, comme l’explique Sylvain Marty, directeur du syndicat mixte, il faut également chercher d’autres gains tels que les réductions d’émissions de CO2 et des nuisances sonores.
À lire également : Step 1 : l’implantation des stations Autolib’ à Paris
Illustrations : © 20minutes.fr, © yelomart.com, © urbanews.fr





